Dans Santé

Vivre le Grand Nord

Vous avez envie de vivre le Grand Nord prochainement et vous n’êtes pas certain que ce soit pour vous? Évolupharma vous présente le témoignage de Caroline Sylvestre, une ATP remplaçante qui a récemment vécu l’expérience. Bonne lecture

Le Grand Nord, une expérience enrichissante

Caroline travaillait comme assistante technique en établissement depuis 7 ans lorsqu’elle a décidé d’aller vivre l’aventure du Grand Nord québécois. Elle est partie, laissant ses chats et son conjoint derrière elle, en direction d’une petite municipalité d’environ 3 500 âmes, à proximité de Chibougameau : Mistissini. Elle y a passé 5 semaines avant de revenir « au pays », une expérience qu’elle considère très enrichissante…


Un quartier moins récent

… et dépaysante!

Dès son arrivée, Caroline remarque plusieurs détails qui rendent l’endroit si différent et intéressant à la fois. Les nouvelles constructions et l’asphalte contrastent avec la beauté de la nature. Des bidonvilles sont toujours présents malgré les nombreux et récents développements immobiliers. De nombreux chiens se promènent en liberté dans la ville (et les voitures arrêtent dans la rue pour les laisser passer). Tout le monde se connait et c’est toujours le temps de la chasse. D’ailleurs, les gens du Nord ne sont pas pressés. Ça fait vraiment changement de la vie tumultueuse que nous vivons plus au sud… et ça fait du bien.


Un building très moderne

Les conditions de travail

L’horaire constitue définitivement un des principaux avantages à travailler dans le Nord, en plus du salaire. On bénéficie d’un horaire de jour, du lundi au vendredi, avec deux pauses de 15 minutes et une heure de lunch. Pas de soir, pas de weekend, la pharmacie étant fermée à l’extérieur de ces heures. Ce n’est pas tout le monde qui a un bel horaire de même au Québec, même après plusieurs années d’expérience!


La pharmacie

Malgré tout, on y travaille fort et ça roule vite. Ce n’est pas une petite pharmacie. L’ambiance y est très agréable et il n’est pas rare que des soupers soient organisés entre collègues, les soirs et weekends. De l’autre côté de la médaille, les collègues de travail varient pratiquement toutes les semaines, sauf quelques personnes qui y sont à plus long terme et quelques employés locaux. Cela rend notamment difficile la mise en place de procédures fixes et demande une grande capacité d’adaptation au changement.


La pharmacie

C’est un fait, la détresse et la toxicomanie existent. Heureusement, la communauté a accès à tous les professionnels de la santé sous un même toit, sans attente et sans frais pour la plupart des services. Il est d’ailleurs très facile, dans le cadre de notre travail, d’aller voir un médecin directement pour discuter d’une ordonnance.

La clinique : incluant pharmacie, dentiste, médecin, etc.

La vie là-bas

Le « transit » (logement) est partagé avec d’autres employés remplaçants (pas seulement des assistants techniques en pharmacie). Dans le cas de Caroline, il y avait trois chambres et le minimum y était fourni pour faire la cuisine. Vous pouvez donc cuisiner à la maison ou sortir en ville si vous préférez. Le câble et l’internet sont généralement disponibles, mais il faut apporter son ordinateur portable. Ce n’est pas le grand luxe d’un hôtel, mais c’est respectable.


çLe transit de Caroline

Si vous êtes un fidèle adepte du Tim Hortons, soyez rassurés! Mistissini compte quelques restos, dont le Tim et le Subway, ainsi que stations-service, une épicerie Intermarché et que plusieurs magasins offrant des produits de marque (sans taxe). Côté sport, le hockey y est très populaire, mais on peut aussi y pratiquer la zumba ou aller au gym, moyennant un coût très raisonnable. Certaines personnes font également le voyage vers Chibougameau pour aller se changer les idées.

Considérant sa localisation, le soleil se couche tôt à Mistissini l’hiver. Les feux de camp entre amis sont très populaires. Le Lac Mistassini est magnifique. Caroline n’a pas eu la chance d’aller y faire du kayak, mais c’est un petit paradis pour les amants de la nature. Elle a toutefois eu la chance de manger de l’ours fumé, un repas préparé par une employée locale. Fait à noter, les Cris mangent tout, par respect pour l’animal.


La beauté de la nature : le lac Mistissini

Conseils d’amie

Caroline s’est rendue à Mistissini en voiture, en hiver (octobre -novembre). C’est à plus de 9 heures de Montréal, donc pas nécessairement recommandé si vous n’aimez pas conduire ou si vous avez peur des tempêtes de neige. Notez qu’il n’est pas obligatoire d’avoir une voiture dans la ville, puisque la plupart des services sont accessibles à pied.

Selon Caroline, il faut être débrouillard, avoir une base solide en anglais, bien connaître AssystRx, être ouvert à faire les choses autrement et, surtout, ne pas être de nature craintive pour vivre cette expérience. Soyez prêts à laisser le luxe de côté et à relever vos manches.

 

Pour le plaisir : Mythe ou réalité?

  • C’est payant d’aller travailler dans le Nord. Réalité : le salaire de base est plus élevé, les frais de déplacement et de logement sont payés, on reçoit un per diem pour la nourriture, on dépense moins (en général)… donc au bout de la ligne, on est gagnant au niveau salaire – on peut faire jusqu’au double d’une semaine normale.
  • Les gens utilisent le ski-doo comme moyen de transport. Réalité : il y a évidemment des voitures aussi, mais plusieurs se déplacent en motoneige. Les jeunes apprennent d’ailleurs à les conduire très tôt et ce n’est pas rare de voir un enfant se déplacer seul avec ce véhicule, pour aller à la chasse ou à l’école.
  • Les gens parlent seulement anglais. Mythe : La plupart des patients parlent anglais ou français. Certains parlent la langue cri seulement. Connaître l’anglais est toutefois un atout important et c’est pourquoi les employeurs l’exigent.